
Cinquante familles paysannes de la communauté de Lagoa Nova, nord-est du Brésil, vivent depuis des décennies sur les terres de l’hacienda Santana qui avaient été cédées à la compagnie Sanagro. Ces terres laissées en friche auraient pu être légalement redistribuées au titre de la réforme agraire. Depuis 1991, les paysans se battent pour la régularisation de leurs titres de propriété.
En 1994, le gouvernement brésilien a exproprié l’hacienda et l´a transférée quelques années plus tard à l’Institut National de la Réforme Agraire (INCRA). Cependant, la compagnie Sanagro a tout fait pour gêner la procédure d’expropriation : elle a fait appel devant la Cour Suprême, suspendant ainsi le transfert des terres ; elle a aussi exercé des pressions sur les juges et elle a continué à investir illégalement sur les terres expropriées tout en intimidant les paysans.
FIAN a mené une mission d’enquête et présenté son rapport aux différentes autorités responsables, en leur demandant de garantir le transfert des terres et l’expulsion immédiate de la compagnie Sanagro. En novembre 2006, la Cour Suprême a unanimement rejeté l’appel de Sanagro et a confirmé l’octroi des titres de propriété aux paysans de Lagoa Nova.
Paulo Sérgio Bispo, de la communauté de Lagoa Nova, explique : “Le procureur général voulait savoir qui était ce FIAN qui avait produit ce rapport. C’était fondamental pour nous d’obtenir cette terre. FIAN a soutenu notre cas en présentant des documents aux autorités et en impliquant d’autres organisations dans cette lutte. Depuis l’année 2000 où elle a rendu visite à la communauté, FIAN a mené cette lutte comme si c’était la sienne.”
Malgré ce succès, les titres de propriété n’ont pas encore été émis et les ressources destinées aux infrastructures et à la production agricole n’ont toujours pas été débloquées. FIAN va surveiller étroitement l’application de cette décision pour queles paysans puissent commencer à produire de la nourriture le plus rapidement possible.