Commerce, agriculture et droits humains

Les règles du commerce nuisent à la réalisation des Droits Humains

Les règles de l’OMC demandant le retrait des barrières douanières et les subventions pour l’importation et l’exportation d’aliments ne s’appliquent pas à tous les pays de la même manière. Les pays riches, principalement au Nord, ont des systèmes de rétribution des agriculteurs tellement complexes qu’ils parviennent au final à maintenir des protections .

Au Sud, les agriculteurs sont beaucoup moins soutenus et directement touchés par les changements de prix et de marché. L’ouverture de leurs frontières les rend vulnérables aux importations à bas prix du Nord, ce qui détruit leurs économies locales. Les petits agriculteurs ne peuvent plus vendre leurs produits : leurs prix sont supérieurs à ceux des produits importés. C´est le cas du poulet ou du lait en Afrique... Ceci entraîne une augmentation de la pauvreté et du chômage parmi les agriculteurs et les éleveurs, mais aussi parmi les nombreux métiers de transformation qui y sont liés.

Cette situation provoque de nombreux cas de violations du droit à l’alimentation, car les petits paysans ne peuvent plus tirer un revenu de la seule activité qu’ils avaient, et se retrouvent privés de leurs moyens de subsistances De plus, à la recherche de spécialisations rentables (souvent sous l´influence de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International), les agricultures du Sud ont été orientées vers l’exportation (soja, canne à sucre, etc.).

Les cultures vivrières et la production pour la consommation nationale ont drastiquement diminué. En revanche, la concentration des terres aux mains de grands propriétaires et de multinationales a augmenté. La concentration des terres conduit elle aussi à maintes violations du droits à l’alimentation, ainsi qu’à des dégradations écologiques importantes. Des paysans sont régulièrement expulsés de leurs terres et privés de leur accès à des ressources productives.

Dans son travail, FIAN cherche à faire accepter un système de commerce mondial qui ne viole pas le droit à l’alimentation des petits paysans et autres groupes vulnérables. En particulier le commerce des denrées agricoles doit permette aux populations des divers pays de se nourrir.

A ce titre, FIAN défend le concept de la souveraineté alimentaire – que les populations puissent choisir ce qu’elles produisent, et dans quelles conditions, sans que le marché et les politiques mondiales ne leur imposent des choix néfastes pour les populations.

FIAN défend un modèle de commerce mondial durable et équitable, dans lequel les droits humains et le bien-être des populations priment sur les règles du profit commercial.