
FIAN : Une ONG pionnière pour le droit à l’alimentation
FIAN (Foodfirst Information and Action Network/ Réseau d’Information et d’Action pour le droit à se nourrir ) est une organisation non gouvernementale (ONG) apolitique et non confessionnelle, qui agit pour la défense et la réalisation du droit à l’alimentation.
FIAN est née en 1986 à l’initiative d’un groupe de militants des droits de l’Homme basés à Heidelberg en Allemagne. Ces militants souhaitaient élargir leur champ d’action, en ne défendant pas uniquement les droits civils et politiques, mais en luttant aussi pour la concrétisation du droit à l’alimentation, pour tous.
Le mandat de FIAN :
FIAN a pour rôle de contribuer et de veiller, dans le monde entier, à l’application du droit à l’alimentation, encore trop souvent bafoué. FIAN agit essentiellement dans les pays du Sud, et soutient des petits paysans, des travailleurs agricoles, des travailleurs sans terre, des populations indigènes, pour qu’ils soient en mesure de se nourrir par leurs propres moyens. La pierre angulaire du travail de FIAN est la mobilisation collective contre le scandale de la faim.
Un fonctionnement en réseau :
Au fil de ses 20 ans d’existence, FIAN est devenu un réseau international. Le Secrétariat International, à Heidelberg en Allemagne, gère la coordination du réseau, qui compte aujourd’hui une vingtaine de sections et coordinations à travers le monde. Les sections sont réparties aussi bien dans les pays du Nord que dans ceux du Sud, ce qui permet d’allier la réalité du terrain avec des actions de sensibilisation et d’information auprès des opinions publiques au Nord.
FIAN compte des membres répartis dans une cinquantaine de pays à travers le monde.
Les différents rôles de FIAN international
- Analyser la situation sur le terrain par des missions d’enquête
FIAN envoie des équipes internationales dans des régions où des violations du droit à l’alimentation sont avérées ou suspectées. Ces missions d’enquêtes se font en partenariat avec des organisations locales et d’autres organisations internationales. Ces missions d’enquête permettent de collecter des informations fiables et précises et de chercher des solutions pour sortir de la crise. Après chaque mission d’enquête, un rapport est rédigé. Les informations collectées servent à alerter les populations au Nord. Elles peuvent également servir à lancer des actions urgentes de mobilisation pour soutenir les victimes. Ce rapport peut aussi être transmis à l’ONU pour rendre compte de la situation dans un pays.
- Lancer des campagnes de lettres
Pour obtenir la réalisation du droit à l’alimentation, l’action phare de FIAN est la mise en place de campagnes de lettres. Les organisations paysannes ou syndicales, informées d’un cas de violation du droit à l’alimentation sollicitent FIAN pour un soutien international car leur action seule ne suffit pas. La demande initiale émane toujours des victimes. Une fois toutes les informations vérifiées, si la violation est avérée ou si un évènement grave survient (l’expulsion de paysans par exemple), une campagne de lettres est lancée. Une fiche d’explication du cas et une lettre-type sont envoyées à tous les membres du réseau ainsi qu’aux militants et organisations associées. Ceux-ci renvoient les lettres signées aux autorités responsables, en demandant qu’elles mettent fin à cette situation et prennent les décisions nécessaires pour que les droits des victimes soient respectés
Dans environ 60% des cas, ces campagnes permettent de mettre fin ou d’empêcher que des violations du droit à l’alimentation ne se produisent. En effet, les centaines, voire les milliers de lettres en provenance du monde entier, poussent les Autorités locales responsables à agir.
- Les lettres ouvertes
Dans les situations les plus urgentes, FIAN rédige des lettres ouvertes. Elles sont exclusivement envoyées par le Secrétaire Général de FIAN International. Elles permettent une réponse rapide et un appui immédiat. Elles servent également à dénoncer les violations de droits humains autres que le droit à l’alimentation (par exemple l’assassinats de militants)
- Le travail auprès des Nations Unies
FIAN mène un travail constant auprès des Nations Unies pour une meilleure protection des victimes et le respect du droit à l’alimentation à travers le monde.
FIAN dispose du statut consultatif auprès des Nations Unies et est reconnu en tant qu’expert du droit à l’alimentation FIAN peut présenter des rapports parallèles sur l’avancée (ou le recul) des droits humains dans les Etats signataires du PIDESC (Pacte International relatif au Droits Economiques Sociaux et Culturels). Ces Etats ont l’obligation de présenter tous les 5 ans un rapport sur la réalisation de ces droits sur leur territoire à l’ONU. Ces rapports sont souvent incomplets et en faveur des politiques gouvernementales. Le rapport parallèle présenté par les ONG contrebalance ces versions trop complaisantes
- L’avancée du droit à l’alimentation
FIAN a joué a joué un rôle clé dans la définition précise du droit à l’alimentation. L’ONG a contribué à la rédaction de textes de références comme :
- L’observation générale n°12
- Les directives volontaires
Actuellement elle contribue à la rédaction du protocole facultatif.
- Le travail de formation et de suivi
FIAN organise des formations sur les Droits Economiques Sociaux et Culturels, et sur le droit à l’alimentation en particulier. Certains ateliers servent à la formation des membres des communautés qui ont été victimes, ou qui sont menacées par des violations du droit à l’alimentation. Les séminaires plus spécialisés concernent des aspects spécifiques du droit à l’alimentation et sont destinés aux juristes et aux décisionnaires des institutions gouvernementales.
- Les outils de suivi (monitoring)
Forte de son expérience de ces vingt dernières années, FIAN travaille à la mise en place d’outils pour améliorer le suivi et la mesure du niveau de réalisation du droit à l’alimentation. Il pourra être utilisé pour évaluer les politiques mises en place par les gouvernements. Il aide également les organisations de la société civile à analyser les progrès et formuler des propositions d’amélioration.