
Après 12 ans de lutte, les hommes et les femmes qui travaillaient à la plantation de café Maria de Lourdes à Génova, département de Quetzaltenango au Guatemala, ont finalement récolté les fruits du combat qu’ils menaient pour obtenir une indemnisation juste suite à leur licenciement abusif et au non paiement de leurs salaires. Leur victoire a une forte résonance symbolique : la plantation appartient à la famille de l’ancien président du Guatemala, Oscar Berger.
Les 47 familles paysannes avaient été licenciées illégalement en 1992 après avoir créé un syndicat pour défendre leurs droits de salariés. Les tribunaux devant lesquels les paysans avaient porté le cas avaient reconnu la légalité de leur combat. Mais la décision ne fut jamais exécutée à cause de la faiblesse de l’état de droit mais aussi du pouvoir d’influence de la partie adverse, la famille présidentielle. Cette lutte de dix années pour leur survie a culminé lorsque les familles, pour attirer l’attention sur leur situation, occupèrent la résidence du propriétaire terrien. Elles en furent violemment expulsées en janvier 2003.
A la recherche de soutien, les paysans ont découvert FIAN qui travaillait depuis plusieurs années avec des organisations paysannes et des syndicats guatémaltèques. A leur demande et en étroite coopération avec les organisations locales, FIAN s’est saisi du cas, a lancé des campagnes de lettres de protestation et a organisé des missions d’enquêtes et des rencontres avec les autorités. La ténacité paya : un accord fut trouvé en septembre 2004. Le propriétaire accepta de payer aux ouvriers agricoles 55% des salaires dus depuis leur licenciement illégal en 1992. Il finança aussi l’achat de la nouvelle terre où les familles se sont installées en octobre 2004. Cet endroit, les familles l’ont appelé Le Paradis.
“Nous remercions FIAN de tout notre coeur pour son aide. Cela a eu une influence décisive pour nous aider à résoudre nos problèmes”, explique un membre de la plantation Maria Lourdes.