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Le droit à l’alimentation en Afrique

Les activités de FIAN en Afrique ont longtemps limitées à quelques pays, notamment au Ghana, qui a longtemps compté la seule section de FIAN sur le continent. Dans ce pays, le travail a essentiellement porté sur les conséquences des extractions minières sur les conditions de vie des populations locales, comme en attestent les campagnes internationales de lettres lancées par FIAN International sur le sujet.

 

Kenya Mai 2009 © Photo: Ralf LeonhardAujourd’hui, le travail de FIAN sur le droit à l’alimentation est connu dans de nombreux pays en Afrique, notamment par le biais du RAPDA (Réseau Africain de Promotion du Droit à l’Alimentation), fondé en juillet 2008 à Cotonou au Bénin. Ce réseau est issu du processus de rédaction des "Directives Volontaires de la FAO à l’appui de la réalisation progressive du droit à l’alimentation" (DVDAA) conclu en septembre 2004, au cours duquel FIAN International était le porte-parole des organisations de la société civile au plan mondial. Parmi ces organisations, se trouvait bon nombre d’organisations africaines, parmi lesquelles "Sœurs Unies à l’œuvre", organisation béninoise qui a joué un rôle important dans la constitution du RAPDA. Largement soutenu par FIAN International et par des bailleurs internationaux, ce réseau compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de coalitions nationales dans toute l’Afrique : Afrique du Sud, Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte-d’Ivoire, Gambie, Kenya, Malawi, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, République Démocratique du Congo, République Centre Africaine, Sénégal, Sierra-Léone, Soudan, Togo, Ouganda, Zambie.

 

Les objectifs du RAPDA sont d’informer sur les droits économiques, sociaux et culturels, notamment le droit à l’alimentation, d’amener les décideurs et les communautés à œuvrer pour l’effectivité du DAA et de renforcer les capacités de ces différents acteurs pour parvenir à l’effectivité du DAA. Le RAPDA constitue un outil essentiel pour les organisations de la société civile africaine afin de renforcer leurs échanges avec les gouvernements et trouver des solutions à la question de la faim en utilisant les dispositions des DVDAA. Les activités du RAPDA sont en pleine expansion, grâce à la volonté des organisations africaines d’utiliser les mécanismes et outils existant au plan international pour défendre le droit à l’alimentation des populations vulnérables.

 

Marché au Mozambique - 2009 © Photo: Jun
BorrasLa crise alimentaire mondiale, qui a particulièrement frappé l’Afrique, directement et indirectement, a amené FIAN à intensifier ses activités sur ce continent. En effet, la hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires a dans un premier temps provoqué des émeutes de la faim dans de nombreux pays dépendants des importations de nourriture pour assurer leur auto-suffisance alimentaire. Ensuite, cette crise alimentaire mondiale a provoqué le phénomène d’accaparement de terres, que subissent de nombreux pays africains depuis trois ans. En effet, pour les investisseurs étrangers, qu’ils soient des Etats (comme le Corée du Sud, la Chine ou les Etats du Golfe Persique) ou des entreprises privées, le continent africain est devenu l’objet de toutes les attentions en raison des possibilités d’achats ou de locations de terres qu’il offre. L’intérêt pour ces Etats d’investir dans des terres en Afrique est d’externaliser "leur" production agricole afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des importations. Ainsi, plus de vingt millions d’hectares de terres ont été accaparés au cours des trois dernières années en Afrique. De nombreux pays sont touchés par ce phénomène (Éthiopie, Soudan, Mali, Niger, RDC et bien d’autres) alors même qu’ils sont dans l’impossibilité d’assurer le droit à l’alimentation de leurs propres populations ! Ce phénomène étant très récent et les transactions très secrètes, FIAN mène des missions d’enquête, comme celle réalisée en 2009 au Kenya et au Mozambique, deux autres pays touchés par ce phénomène. Ces missions d’enquête sont très importantes pour documenter les cas de violations du droit à l’alimentation et pour trouver des solutions pour lutter contre ce phénomène.