
L’histoire des Guaranis Kaiowa est marquée depuis plusieurs décennies par la dépossession de leurs terres, la faim et la violence. Depuis 2005, FIAN a réalisé un suivi intensif de cette situation. Aujourd’hui, il y a une lueur d’espoir pour que les Guaranis Kaiowa puissent un jour retourner sur leurs terres et vivre tranquillement.
En dépit des manoeuvres initiées par les autorités et l’Etat du Mato Grosso pour empêcher la démarcation des 36 territoires traditionnels (Tekohas), une rencontre solennelle entre les officiels, les anthropologues de la FUNAI (Fondation Nationale de l’Indien) et les représentants religieux de la communauté ont marqué le début du processus. La démarcation, qui sera réalisée par la FUNAI en collaboration avec les communautés, permettra de définir les territoires ancestraux qui étaient occupés par les indiens et où ils pouvaient vivre, cultiver, chasser et pêcher.
Durant la grande rencontre d’Aty Guassu, les leaders religieux ont réclamé une protection pour les employés de la FUNAI , qui resteront durant huit mois. Leur rôle sera de définir la surface de terre qui devra éventuellement être rendue aux 40000 membres de cette communauté indienne.
En effet, les grands propriétaires des 26 municipalités qui devront être visitées pour définir les territoires, ont à plusieurs reprises prévenu qu’ils défendraient leurs propriétés. Le procureur général de la région, Marco Antonio Delfino de Almeida, a précisé qu’il avait demandé une mobilisation de la police fédérale pour intervenir rapidement en cas de conflit entre les grands propriétaires et les Indiens
Heureusement, un lent consensus se construit selon lequel l’Etat Fédéral a la responsabilité de résoudre le conflit. Dans sa Constitution, il est précisé que les territoires doivent être rendus aux Indiens. D’autre part, le gouvernement fédéral est sans nul doute le principal responsable du confinement des Indiens Guaranis Kaiowa dans des réserves réduites et de la vente du reste des terres à des fermiers pour le développement de plantations (soja et canne à sucre principalement). Les actuels propriétaires doivent par conséquent être indemnisés si les terres sont rendues aux Indiens.
A l’heure actuelle, il est urgent de savoir quelle est la taille du territoire d’un point de vue anthropologique. Ce travail technique de démarcation est un premier pas fondamental pour entamer une discussion politique sur la manière de garantir aux indiens leur droit et leur accès à la terre