
Une visite pour témoigner
Durant la deuxième semaine d’Octobre, FIAN France a accueilli une délégation du Brésil, venu témoigner de la situation des Indiens Guaranis Kaiowa, de l’Etat du Mato Grosso do Sul.
Cette visite exceptionnelle d’un de nos partenaires du Sud devait permettre de porter la parole de ces Indiens victimes de violations de leurs droits fondamentaux et dont on ne parle jamais.
Au travers de divers évènements cette tournée avait pour objectifs d’expliquer les conditions de vie de cette communauté, le contexte dans lequel ils vivent et de montrer les impacts néfastes de l’expansion des agro carburants dans la région.
Cette tournée a été organisée conjointement avec les sections de FIAN au Brésil, en Belgique et en Hollande. Elle avait pour objectif de permettre à la délégation de rencontrer les citoyens, les journalistes et les décideurs politique.
Le 08 Octobre à Grenoble
Tout juste remis de leur long périple depuis le Brésil, le marathon a commencé par une rencontre politique. La délégation a été accueillie à l’hôtel de ville de Grenoble. Ils ont pu présenter la situation aux deux élus présents (Monsieur Detroyat et Madame El Haddad). Cette rencontre, a permis de continuer l’action de sensibilisation entreprise depuis le mois de juillet auprès de ces élus sur la question du droit à l’alimentation. Après une présentation de la visite, et de la situation des Indiens. La conversation a ensuite pu réellement s’engager sur les pistes d’actions que nous pourrions mettre en œuvre.
Madame El Haddad, déléguée du maire chargée de la question des Droits de l’Homme, a affirmé son soutien, et s’est dite prête à signer des campagnes de lettres et à soutenir des projets menés par FIAN en direction de cette communauté. Elle s’est déclarée prête à être le relais auprès des autres décideurs politiques. Cette rencontre a offert des perspectives intéressantes de travail pour l’année à venir et il nous faudra rapidement proposer des projets.
Après une brève apparition sur le plateau de télé Grenoble pour l’émission C’Direct, la délégation a été reçu par le comité d’entreprise de GEG. Cette rencontre, première du genre pour FIAN avait pour objectif de sensibiliser un public différent de celui touché habituellement. Les questions posées par un public pourtant peu nombreux, ont permis d’engager une discussion riche sur la question de la place des populations indigènes dans la société brésilienne.
Le 09 Octobre à Grenoble
Le programme de cette journée a très certainement été l’un des plus intense, de cette visite en France. La journée a commencé autour d’un repas africain, à CAP Berriat (lieu où se situe le bureau de FIAN). Ce temps d’échanges informels a permis aux différentes associations de la pépinière de mieux appréhender le travail de FIAN, et surtout de prendre connaissance de la situation des Indiens. Là encore les échanges ont été extrêmement riches et ont conduit à une prise de conscience de la situation vécue par ces Indiens
Durant l’après midi, la délégation a participé à une conférence organisée à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble en partenariat avec l’association France Amérique Latine. Ce partenariat s’est avéré très fructueux car la conférence nous a permis de toucher un public étudiant concerné par le sujet.
Les échanges ont donc été extrêmement riches car c’est avec près d’une heure de retard que s’est achevée cette conférence. C’est donc au pas de course que s’est poursuivie la journée, car la délégation était attendue à la Maison des Associations pour une nouvelle intervention à la Maison des Associations.
Malgré les autres évènements organisés le même soir à Grenoble, le public était présent au rendez vous.
Cette soirée a été enrichissante sous bien des aspects, elle a permis de voir se mélanger à la fois un public militant, et un public de non initiés. Après la présentation, une discussion s’est très rapidement engagée sur la question de la structuration du mouvement de défense des populations indigènes du Brésil. La délégation a également été surprise par la présence dans la salle de personnes réellement sensibilisées à la question des luttes des populations indigènes du Brésil
C’est donc vers 23H30 après une journée riche en rencontres et en échanges que la délégation a enfin pu aller se reposer.
Le 10 Octobre à Montpellier
Après une courte nuit, nous sommes donc partis à l’aube en direction de Montpellier. Cette étape de la visite a été préparée en étroite collaboration avec les membres de l’association Lafibala, association d’éducation au développement.
Nous avons été reçu au Lycée Agricole Honoré de Balzac à Castelnau le Lez. Une intervention était prévue auprès d’un groupe d’élève en Bac Professionnel Horticulture et d’un groupe travaillant sur un projet en lien avec le Brésil.
Après s’être plié aux exigences des journalistes locaux présents, l’intervention a pu démarrer avec un peu de retard.
Suite à cette présentation la parole a été laissée aux lycéens, qui se sont montrés dans l’ensemble intéressés par la problématique présentée. Les questions posées se sont rapidement orientées vers les aspects culturels de la vie des Guaranis Kaiowa.
Dans l’après midi, Marta journaliste à Radio divergence a pu s’entretenir longuement avec la délégation.
En fin d’après midi nous nous sommes rendu à Monptellier Sup Agro, pour une conférence. Pour la première fois nous avons pu présenter le petit documentaire de 9 minutes réalisé lors de notre voyage d’Avril au Brésil. C’est avec une certaine émotion que la délégation a pu voir pour la première fois cette vidéo. L’affluence importante lors de cette conférence a permis d’engager une discussion plus approfondie sur le modèle de développement choisi par le Brésil. La discussion a aussi beaucoup porté sur la question des agro carburants. Cette conférence s’est achevé sur un chant brésilien entonné gaiement par une personne dans la salle. Pour conclure cette journée encore une fois très intéressante, nous nous sommes rendus dans un restaurant Africain pour le plus grand plaisir de nos amis brésiliens qui ont pu avec joie se délecter de plats aux saveurs très semblables aux saveurs brésiliennes.
Le 11 Octobre à Clermont Ferrand
Après un long voyage et l’unique pose touristique du voyage en France au Viaduc de Millau, nous sommes arrivés à Malauzat, petite bourgade du Puy de Dôme, où nous étions attendus par les membres de l’association Anis Etoilé, avec qui cette étape avait été soigneusement préparée.
Durant l’après midi nous avons pu tenir un stand pour expliquer la situation. De nombreuses personnes se sont arrêtées pour questionner Amilton sur ces conditions de vie. Au travers d’un cahier avec quelques photos il a pu décrire l’urgence de sa situation. Cette après midi a été elle aussi riche en rencontres, et le fait de sensibiliser à une situation de violation du droit à l’alimentation en présence d’une victime. La force du témoignage d’Amilton a suscité un grand intérêt pour les personnes présentes
Le soir une conférence était organisée à la salle des fêtes de Lempdes, petite ville de l’agglomération de Clermont Ferrand. Après la projection et la présentation de la situation le débat s’est rapidement orientée sur la question des agro carburants.
La journée s’est achevée dans une soirée dansante, plus ou moins traditionnelle.
Le 16 Octobre Journée Mondiale de l’Alimentation à Paris
C’est après un rapide séjour en Belgique que nous avons pu retrouver la délégation à Paris. Accueillis aux sons des tambours d’agents de la SNCF en grève, la journée parisienne pouvait enfin commencer.
Après un bref entretien avec un journaliste de Planète libre magazine, nous nous sommes rendus sur le lieu de la conférence. Accueillis par le Comité de Soutien aux Indiens des Amériques, nous avons attendu l’arrivée d’une autre délégation brésilienne du Nordeste.
Après un repas pris en commun et un entretien avec les journalistes de RFO, la conférence a là encore commencé avec un léger retard.
Cette conférence en présence des deux délégations a permis de faire le parallèle entre deux régions du Brésil. Les ressemblances dans leurs combats pour accéder à la terre, nous ont permis d’entrevoir l’urgence de la situation des Indiens du Brésil, mais plus généralement celle des populations indigènes d’Amérique du Sud.
Le 17 Octobre à Paris : rencontre avec d’autres ONG travaillant sur le cas Guaranis
Il nous semblait primordial lors de cette visite à Paris de pouvoir permettre à la délégation de rencontrer les différents acteurs français de solidarités investis auprès des Guaranis Kaiowa.
Cette rencontre qui constituait une première prise de contact a permis à chaque structure de se présenter. Nous avons pu voir durant cette rencontre, une volonté de chaque structure de travailler ensemble et d’échanger des informations. La nécessaire coordination des actions est apparue comme une évidence pour en améliorer l’efficacité. Après cette première prise de contact il semble donc intéressant de penser, d’imaginer et de concrétiser ce partenariat.
Suite à cette réunion très riche c’est au pas de course que nous nous sommes rendus à la Gare pour que la délégation puisse repartir en direction de la Belgique. Fin du périple français…
Pour conclure ...
On peut donc dire que la visite de cette délégation a été une réelle réussite car elle a permis à la délégation brésilienne de participer à de nombreux temps d’échanges, de rencontres de débats qui se sont tous avérés extrêmement intéressants. Le travail mis en place en collaboration avec différentes associations nous permet d’entrevoir de bonnes perspectives de travail, pour continuer à soutenir la lutte des Indiens Guaranis. Conscient que la visite de cette délégation n’est pas une fin en soi, nous tenterons à l’avenir de continuer ce travail enfédérant un maximum d’acteurs associatifs et de citoyens en France pour que les Indiens Guaranis Kaiowa puissent enfin vivre dignement sur leurs terres.